CP033 - Etude BIPS: biomarqueurs d'identification précoce du sepsis

Laëtitia Velly (1, 2), Catherine Fitting (2), Gentiane Monsel (3), Julien Mayaux (4), Aiham Ghazali (1), Yonathan Freund (1, 5), Jean-marc Cavaillon (2), Pierre Hausfater (1, 5)

1. Service d'Accueil des Urgences, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, APHP, Paris, France
2. Unité Cytokines & inflammation, Institut Pasteur, Paris, France
3. Service de maladies infectieuses et tropicales, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, APHP, Paris, France
4. Service de pneumologie et de réanimation médicale (département « R3S »), Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, APHP, Paris, France
5. Sorbonne universités , UPMC-Univ Paris VI, GRC-14 BIOSFAST, Paris, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Les infections d’origine bactérienne, et en particulier le sepsis, sont les seules à justifier d’une antibiothérapie. Cependant, les identifier dès les urgences, avant le résultat des cultures microbiologiques, reste un exercice difficile. A ce jour, aucun biomarqueur ne répond parfaitement à la question. L’objectif était de déterminer un ou une association de biomarqueurs le(s) plus performant(s) pour le diagnostic d’infection bactérienne.

Matériel et méthode : Dans cette étude monocentrique, prospective, de cohorte, non interventionnelle menée dans un service d’urgence adulte, tout patient suspect d’infection bactérienne était inclus. Des échantillons sanguins ont été collectés pour mesurer des biomarqueurs cellulaires (HLA-DR, CX3CR1, CD64, MerTK, CD24, BTLA LB, BTLA LT,), des biomarqueurs plasmatiques (IL-6, IL-8, CXCL10, MMP-8, HNL, angiopoïetine2, CRP et PCT) et des biomarqueurs microbiens (LPS lié aux PBMC et aux PMN). Les patients ont été suivis pendant 30 jours. Après relecture des dossiers médicaux, 3 experts indépendants et en aveugle ont classé chaque patient comme ayant une infection bactérienne ou un autre diagnostic (infection virale, parasitaire, fongique ou autre). Puis, nous avons sélectionné les biomarqueurs d’intérêts définis par une AUROC ≥ 0,7.

Résultats : 302 patients ont été inclus du 15/03/2016 au 18/07/2017 : 160 hommes (53%), âge médian : 60ans (IQR 41-73). Parmi eux, 154 avaient une infection bactérienne. En dehors des biomarqueurs usuels (CRP et PCT), seuls 2 biomarqueurs semblaient performant pour identifier les infections bactériennes : MMP-8 et IL-6 avec des aires sous la courbe respectives de 0,75 (95% IC 0,69-0,80) et de 0,70 (95% IC 0,64-0,75). Le dosage de MMP-8, avec une valeur seuil à 3450pg/mL, avait une sensibilité de 0,71 et une spécificité de 0,70. Pour l’IL-6, avec une valeur seuil à 4,6pg/mL, la sensibilité était de 0,59 et la spécificité de 0,72. Les aires sous la courbe de la CRP et de la PCT étaient respectivement de 0,74 (95% IC 0,68-0,79) et de 0,73 (95% IC 0,67-0,78). Pour la CRP (valeur seuil à 5mg/L), la sensibilité était de à 0,90 et la spécificité était de 0,33. Pour la PCT (valeur seuil à 0,1ng/mL), la sensibilité était de 0,77 et la spécificité était de 0,57.

Conclusion :Cette analyse préliminaire semble confirmer plusieurs biomarqueurs d’intérêts (IL-6, MMP8) mais aucun de ces biomarqueurs ne sera suffisamment discriminant individuellement. L’approche combinatoire semble plus prometteuse.

Tags : sepsis infection bactérienne diagnostic biomarqueur PCT