P104 - Etat des lieux des violences envers le personnel des structures d'Urgences des Hauts de France. Etude descriptive, observationnelle, multicentrique, au sein de vingt-trois centres.

Antoine Goddyn (1), Marine Van Berleere (2), Patrick Goldstein (3), Eric Wiel (3), Ziad Khodr (1), Nathalie Assez (3)

1. Urgences-SMUR, Centre Hospitalier de la Région de Saint-Omer, Saint-Omer, France
2. Méthodologie, Biostatistiques, Gestion de Données, Archives, CHRU de Lille, Lille, France
3. Pôle de l'Urgence, CHRU de Lille, Lille, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Selon l'Observatoire National des Violences en Santé (ONVS) les services d'urgences comptent parmi les structures hospitalières les plus exposées à la violence. L’augmentation du phénomène semble être perçue par l’ensemble des professionnels, pourtant, les données chiffrées sont rares.

Objectif principal : dresser un état des lieux régional des violences ressenties par le personnel de ces structures, quantifier le nombre de déclarations ainsi que les formations reçues.

Objectifs secondaires : 1- comparer ces données entre les services de la métropole régionale et hors métropole ; 2- évaluer l'impact des formations.

Méthode : Il s’agit d’une étude descriptive, observationnelle, menée sur six semaines, à l’aide d’un questionnaire Q1 diffusé on-line aux acteurs des services ayant accepté de participer. Un second questionnaire Q2 caractérisant les 23 centres était envoyé aux cadres de santé. Les variables étaient décrites (fréquence, moyenne+/-DS) et comparées à l’aide de tests statistiques pour p<0,05 (t-test de Student, ANOVA, chi²).

Résultats : 854 questionnaires Q1 ont été analysés. Le personnel estimait avoir déjà été victime de violence dans 96,7% des cas. L'auteur était majoritairement le patient. Les addictions, l'incivilité et le délai d'attente étaient les motifs les plus rapportés. Ces cinq dernières années, l'intensité et la fréquence des actes semblaient augmenter et 83% des interrogés estimaient que le phénomène allait s’aggraver. Mais 31,8% avouaient n’avoir jamais déclaré d’évènement violent. Le motif principal de non déclaration étaient « c'est inutile car sans suite ». Ces suites étaient peu connues des encadrants (52%). Il existait peu de différence significative entre les services de la métropole et les autres. Une différence significative (p<0.05) n’était observée que pour les violences de niveau ONVS 2 et les trois principaux motifs de violence. Seuls 45,7% du personnel déclaraient être déjà formés et 84,8% souhaitaient l’être. Le personnel formé, détectait et déclarait plus fréquemment les situations violentes.

Discussion : La violence est de plus en plus ressentie au sein de nos structures d'urgences. Le personnel est inquiet et demandeur de formations. Celles-ci semblent favoriser la déclaration des incidents. Des efforts doivent être poursuivis pour informer les déclarants des suites judiciaires données. Des propositions émanant du personnel pourraient être évaluées pour améliorer leur sécurité face aux violences.

Tags : Violences Personnel Urgences Déclaration Sous estimation Formations