P266 - Etat des lieux de la sédation-analgésie procédurale dans les services d'urgence d'une région en 2016

Maxime Lebecque (1), Florian Michelin (1), Mikaël Martinez (2), Karim Tazarourte (3), Pascale Cavalli (2, 1)

1. Urgences/SMUR/SAMU, CH Roanne, Roanne, France
2. Réseau d'Urgence Ligérien Ardèche Nord (REULIAN), CH Le Corbusier, Firminy, France
3. Urgence, Hospices civils de Lyon, Lyon, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : La Sédation-Analgésie Procédurale (SAP) désigne l’utilisation combinée de molécules antalgiques et sédatives afin de modifier l’état de conscience d’un patient pour la réalisation de gestes douloureux. L’utilisation hors des blocs opératoires de molécules traditionnellement réservées à l’anesthésie générale a souvent été critiquée. Si leur usage s’est généralisé dans les pays anglo-saxons, il existe en France des freins à leur utilisation dans les services d’urgence (SU).

Méthode : étude rétrospective observationnelle multicentrique incluant des patients majeurs et atteint d'un monotraumatisme de l’épaule, du poignet ou de la cheville nécessitant un geste de réduction en SU. L'objectif primaire était de décrire l'utilisation des molécules de SAP : antalgiques intra veineux et inhalés (MEOPA), midazolam, étomidate, kétamine et propofol. Les objectifs secondaires étaient de comparer l'efficacité, les complications et les modalités de réalisation du geste en fonction des molécules.

Résultats : 433 patients dans 8 SU ont été inclus avec un âge moyen de 50,1 ans. 80,8% présentaient une luxation d’épaule, une fracture déplacée de cheville (12,5%) ou de poignet (6,7%). Le choix des molécules variait de 59% pour le paracétamol à 3,9% pour l'association morphine-kétamine-propofol. La fréquence d'utilisation des molécules différait en fonction des hôpitaux mais aussi en fonction du traumatisme : un seul centre avait un protocole validé de SAP ; dans les autres centres l’utilisation de molécules était laissée à l’appréciation du médecin.  L’absence d’analgésie était significativement plus élevée en cas de réduction de luxation d’épaule par rapport aux autres traumatismes (p=0,04). A l’inverse, la morphine et la kétamine étaient plus utilisées dans les cas de réduction de cheville ou de poignet. Le taux global d'effets secondaires était de 6,7% et ne comportait aucune complication grave (inhalation, arrêt cardio-respiratoire, décès) quel que soit la molécule utilisée : variant de 2,9% pour le MEOPA à 16,5% pour l’association kétamine+ morphine. Le taux de succès global des procédures était de 84,7% : il n'était influencé ni par le type de molécule ni par l’expérience de l’opérateur. La fréquence de surveillance clinique rapprochée et scopée variait de 12% pour le MEOPA à 94% pour kétamine+ morphine.

Conclusion : L’amélioration de prise en charge des patients passe par une harmonisation des pratiques et surtout par une protocolisation des procédures de SAP.

Tags : Sédation-analgésie procédurale antalgie traumatisme