P207 - Etat des lieux de la prise en charge des accouchements en préhospitalier dans un SMUR d'Ile de France sur l'année 2016

Aurélie Armand (1, 2), Solweig Guinard (1)

1. SAMU-SMUR, CHSF, Corbeil-Essonnes, France
2. Urgences pédiatriques, CHU Jean Verdier, Bondy, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : En France, l’accouchement préhospitalier est une situation rare, qui représente 0,5% de la totalité des accouchements. Cependant la fermeture de certaines maternités pourrait accroitre ce nombre et les médecins urgentistes seraient alors confrontés plus fréquemment à cette situation. Dans ce contexte, l’observatoire national AIE (Accouchement Inopiné Extrahospitalier) a été mis en place en 2011. L’objectif de notre étude est de faire un état des lieux des pratiques lors des accouchements par le SMUR en 2016, afin de repérer les sujets d’incertitude lors de ces interventions et d’adapter l’orientation des formations à proposer aux médecins pour améliorer nos pratiques.

Matériel et Méthodes : Nous avons analysé nos données recueillies pour le registre national AIE au cours de l’année 2016, puis nous les avons comparées aux données nationales de ce registre. Il s’agit d’un observatoire prospectif multicentrique, permettant d’étudier le déroulement et la prise en charge médicale des accouchements inopinés extrahospitaliers. Nos critères d’inclusion étaient identiques à ceux du registre national AIE et incluaient tous les accouchements inopinés hors maternité pris en charge par le SMUR.

Résultats : Au total, 24 dossiers ont été inclus sur l’année 2016, avec seulement 5 accouchements réalisés en présence du SMUR. La prise en charge globale des parturientes n’était pas statistiquement différente de la moyenne nationale. En revanche, plus de la moitié des médecins ne vérifiaient pas le placenta, 85,1% n’effectuaient aucune manœuvre d’aide à la rétractation utérine et aucune parturiente n’avait bénéficié de massage utérin. Par ailleurs l’évaluation du globe utérin présentait des incohérences. Concernant la prise en charge du nouveau né, la température n’était mesurée que dans un tiers des dossiers au SMUR. Cependant, les mesures de lutte contre l’hypothermie étaient correctement mises en place.

Conclusion : Cette première évaluation de la prise en charge des accouchements au SMUR a permis de mettre en évidence plusieurs points faibles. La prise en charge du post-partum immédiat, et notamment de la délivrance placentaire, reste un acte très aléatoire et mal connu. Dans ce but, nous avons rédigé un protocole de service, concernant le diagnostic et la prise en charge de l’hémorragie du post-partum immédiat. De plus, la prise en charge du nouveau-né après l’accouchement, doit être réévaluée notamment avec une mesure systématique de la température. 

Tags : Accouchement prise en charge pré-hospitalière SAMU/SMUR