CP119 - Epidémiologie des traumatismes du globe oculaire chez l'enfant de 2007 à 2016

Caroline Boret (1), Mathieu Chanut (2), Thomas Hamon (3), Mickaël Rouvière (2), Sophie Salanne (2), Vincent Soler (4), Isabelle Claudet (2, 5)

1. Service des Urgences, Centre hospitalier de Tarbes, Toulouse, France
2. Urgences pédiatriques, Hôpital des Enfants-CHU Toulouse, Toulouse, France
3. Pôle de médecine d'Urgences, CHU TOULOUSE, Toulouse, France
4. Ophtalmologie, CHU Toulouse, Toulouse, France
5. UMR 1027, Inserm, Université Paul Sabatier, UPS, Toulouse, France
Diffusion le 13/06/2018

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Les traumatismes oculaires chez l’enfant sont fréquents et représentent une cause majeure des cécités monoculaires acquises. Peu d’études françaises ont été réalisées à ce sujet.

Objectif - Décrire une cohorte pédiatrique victime de traumatismes du globe oculaire

Matériel et méthodes - Dans cette étude rétrospective observationnelle entre le 01 janvier 2007 et le 31 décembre 2016, tous les enfants âgés de moins de 15 ans, consultant pour traumatismes mécaniques du globe oculaire aux Urgences Pédiatriques et Ophtalmologiques d’un CHU, ont été inclus. les données analysées étaient : âge, sexe, mode de transport, date et heure d’admission, type et localisation des lésions, mécanisme, caractère pénétrant ou non,  gravité globale (CCMU) et spécifique (classification de Birmingham et Ocular Trauma Score (OTS)), devenir (hospitalisation ou soins externes) et prise en charge (médicale ou chirurgicale), suivi et séquelles éventuelles (cataracte, baisse d’acuité visuelle, cécité, énucléation).

Résultats - 337 enfants ont été inclus. L’âge moyen était de 8,4 +/- 4,1 ans. Le sex-ratio était de 2,7 (247 garçons). Les traumatismes étaient secondaires à un objet contondant (22%), à globe fermé (77%). Les lésions les plus fréquentes étaient les contusions du globe oculaire (hyphéma (27%)). Un quart des enfants avaient des critères de gravité (CCMU > 2 (25%), OTS ≤ 3 (12%)) et 208 d’entre eux ont été hospitalisés (62%). Les garçons sont plus âgés (p<0,001) et les enfants âgés de plus de 9 ans étaient plus à risque de traumatisme par projectiles (23% vs 5%, p<0,0001, OR 5,5) et par un traumatisme direct (26% vs 8%, p=0,0001, OR 3,8) mais nécessitaient moins d’interventions chirurgicales (20% vs 36%, p=0,0011, OR 0,4). Les traumatismes à globe ouvert survenaient plus chez des enfants plus jeunes (p=0,0015). Un score pronostique OTS ≤ 3 était plus fréquent à la suite d’un traumatisme par projectile (26% vs 14%, p=0,04, OR 2,4). Dix pour cent des enfants présentaient des séquelles (cataracte 53%, amblyopie 6%, énucléation n=1).

Conclusion – Un traumatisé sur 10 présente des séquelles visuelles post-traumatiques ; le développement de campagnes de prévention est indispensable pour rendre obligatoire le port de lunettes de protection lors de la pratique de certaines activités à haut risque (pistolet à billes).

Tags : traumatisme oeil pédiatrie