P218 - Epidémiologie des patients consultants aux urgences pour lombalgie (+/- sciatique), suivi à 3 mois

Laurianne Kurtz (1), Etienne Quoirin (2), Pierrick Le Borgne (1), Elena Laura Lemaitre (1), Sophie Couraud (1), Sylvie Chabrier (2), Florence Perisse (1), Pascal Bilbault (1)

1. Urgences Adultes, Hôpital de Hautepierre, CHU Strasbourg, Strasbourg, France
2. Urgences Adultes, Hopital de Hautepierre, CHU Strasbourg, Strasbourg, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction: Les lombalgies (plus ou moins associées à une sciatique) représentent un motif fréquent de consultation aux urgences. L’objectif principal de cette étude était de mieux connaitre l’épidémiologie et la typologie et également l’évolution à distance des patients consultants pour ce motif.

Matériel et méthodes: Nous avons conduit une étude descriptive, prospective, monocentrique. Ainsi, pendant 3 mois nous avons proposé aux patients souffrant de lombalgie ou de lombo-sciatique de remplir un questionnaire portant sur l’évolution, l’intensité de la douleur, et leur attente vis-à-vis de la prise en charge aux urgences. Nous avons ensuite réalisé un entretien téléphonique à 3 mois pour connaitre l’évolution suite à leur passage aux urgences mais également le retentissement et l’impact de leur pathologie.

Résultats: Après une analyse rétrospective des pratiques aux urgences portant sur plus de 2000 patients en 1 an, 42  patients ont été inclus pour analyse statistique. A l’admission, la durée depuis le début de l’épisode lombalgique était de moins de 24 heures pour 7 patients (16,7%), de 24 heures à 3 semaines pour 22 patients (52,4%), 3 à 6 semaines pour 5 4 patients (11,9%), 6 semaines à 3 mois pour 3 patients (7,1%) et plus de 3 mois pour 5 patients (12%). 43% (IC95%: 28-58%) des patients était déjà en arrêt de travail pour ce motif, seul 20% n’avaient pas consulté de médecin avant de se rendre aux urgences. A 3 mois, aucun perdu de vu, 55% (IC95%: 40-70%) des patients décrivaient être toujours algique. 21,4% d’entre eux étaient toujours en arrêt de travail et 11,9% ont même été obligés d’abandonner leur travail. Au total, seul un patient (2,4%) pouvait être considéré comme ayant présenté un épisode totalement résolutif. Les autres (97,5%) présentaient tous des critères de lombalgie chronique. Suite à leur passage aux urgences, 26% ont consulté un rhumatologue, 36% ont consulté un chirurgien et une indication opératoire a été posée chez 21% d’entre eux.

Conclusion: La lombalgie est une pathologie qui nécessite une prise en charge bien plus large qu’une simple antalgie. Dans notre série nous retrouvons des patients qui consultent après plusieurs jours ou semaine de douleur et qui ne sont majoritairement pas soulagé à 3 mois. L’impact sur leur vie quotidienne est important. La prise en charge globale semble mal coordonnée, cela nous amènant à envisager la création d’une filière ambulatoire favorisant une prise en charge spécialisée précoce.

Tags : lombalgie douleur suivi