P202 - Epidémiologie des dissections aortiques aigues : analyse descriptive sur une population de 34 patients

Pierre Boissard (1), Amaury Toitot (2), Jean Baptiste Pretalli (3), Thibaut Desmettre (1)

1. Urgence, CHRU Jean Minjoz, Besancon, France
2. Réanimation, CHNFC Trévenans, Trevenans, France
3. , CHRU Jean Minjoz, Besancon, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : La dissection aortique aigue (DA) est une urgence médico-chirurgicale redoutée dont la symptomatologie initiale n’oriente pas toujours vers le diagnostic qui nécessite pourtant d’être posé dans un délai rapide. L’objectif de ce travail était de décrire les premiers symptômes présentés par les patients lors de l’appel au Centre 15 et/ou lors de la prise en charge initiale au Service d'Accueil des Urgences (SAU).

Matériel et méthode : étude observationnelle, monocentrique, rétrospective, dans un centre de recours disposant de radiologie interventionnelle et de chirurgie cardiaque et vasculaire. La population de l’étude était constituée des patients de plus de 18 ans ayant eu une dissection aortique non traumatique prouvée par un scanner entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2016.

Résultats : 34 patients ont été inclus dont 28 initialement régulés par le Centre 15. La population de l’étude comptait 28 hommes et 6 femmes. L’âge moyen était de 70,1 ans (±9,2). La majorité des patients (55,9%) présentait des facteurs favorisants de DA principalement un antécédent d’HTA. Sur les 34 patients, 10 ont présenté une dissection de type A (20,4%) et 24 (79,6%) une dissection de type B. Le motif d’appel principal en régulation était la douleur pour 14 patients (50%). La douleur était thoracique (28.6%), abdominale (7.1%), dorsale (10.7%) ou diffuse (3.6%). Un patient a été régulé pour un tableau d’accident vasculaire cérébral et 2 patients pour malaises. Lors de la prise en charge au SAU, la quasi-totalité des patients présentait une douleur (97,1%), elle était  thoracique pour 60% d'entre eux, abdominale pour 24%. Une anisotension était retrouvée chez 7 patients (20,7%). Une poussée hypertensive était présente chez 29,4% de nos patients.

Conclusion : La population de notre étude présentait des caractéristiques comparables au registre international de la DA que ce soit en terme de fréquence, de caractéristiques épidémiologiques et de sa symptomatologie. Le diagnostic est compliqué par la grande variété des symptômes initiaux et des motifs d’appel. En outre, le tableau clinique est souvent atypique, probablement du fait de complications de la pathologie. Enfin, pour les médecins urgentistes, il est intéressant de noter que l’absence d’anisotension ne doit pas être faussement rassurante et ne doit pas faire écarter le diagnostic de dissection aortique.

Tags : Dissection aortique douleur thoracique anisotension