CP046 - Efficacité et pertinence de la prescription prophylactique post-exposition par les médecins urgentistes: une étude rétrospective monocentrique

Eyer Xavier (1), Youri Yordanov (2), Dominique Pateron (2), Patrick Plaisance (3), Anthony Chauvin (4)

1. Urgences, Lariboisière, Paris, France
2. Service Accueil des Urgences, Saint Antoine, PARIS, France
3. Service Accueil des Urgences, Lariboisière, PARIS, France
4. Service des Urgences Adultes, Hopital Lariboisiere, AP-HP, Paris, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction: Depuis 2011, le nombre de nouveaux cas de VIH diagnostiqués en France est stable. Bien que la prophylaxie post-exposition (PPE) pour le risque de développer le VIH ait un réel impact clinique, son utilisation a des effets secondaires. De plus, en France, le kit d'urgence est couteux et est entièrement financée par des fonds publics. Nous avons cherché à enquêter sur l'exactitude de la prescription de la PEP d'urgence pour les patients avec une exposition au fluide sexuel dans un service d'urgence français en comparant les données dans les dossiers médicaux et les prescriptions réelles.

Méthode: Nous avons collecté rétrospectivement des données pour les patients consultant pour une exposition sexuelle dans un seul ED parisien du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016. Pour chaque patient inclus, les chercheurs ont vérifié de manière indépendante si le médecin urgentiste avait prescrit le PEP conformément aux directives françaises. Notre critére de jugement principal était la pertinence de la prescription de PEP d'urgence après une exposition aux liquides sexuels. Nous avons calculé le coefficient kappa pondéré de Cohen avec son intervalle de confiance à 95% (IC) pour déterminer l'accord dans l'indication de PEP.

Résultats: Nous avons inclus 346 patients dans notre étude. La moitié des patients étaient des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (n = 178). Presque toutes les expositions sexuelles étaient avec un seul partenaire (n = 338). L'exposition sexuelle la plus fréquente était l'insertions anales ou réceptives (n = 177; 51%). La PEP était prescrite dans 94% des cas (n = 328). Dans 33 cas (10%), l'indication de la PPE n'était pas claire, mais la PPE était prescrite dans 17 cas (52%). La valeur de Kappa pour déterminer l'indication de la PEP était de 0,55 (intervalle de confiance à 95% 0,36-0,74), ce qui indique un mauvais accord pour la prescription. L'accord était le plus bas pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes: 0,29 (0,05-0,53).

Conclusion: Cette étude met en évidence que les médecins urgentistes en France prescrivent trop de PEP, ce qui expose les patients à un risque d'événements indésirables et la société à des conséquences économiques. Des stratégies sont nécessaires pour améliorer la pertinence de la prescription de PEP dans les urgences françaises afin d'éviter les effets secondaires et les coûts excessifs.

Tags : Accident d'exposition au sang étude des pratiques