CP107 - Creation et validation d'un score de risque de survenue d'événement indésirable médicamenteux à l'attention du médecin urgentiste

Vincent Gourhant (1), Olivier Vuillot (1), Remi Gellee (2), Hakim Said (2), Damien Perier (1), Claire Riveill (1), Maxime Villiet (3), Mustapha Sebbane (1)

1. Département de Médecine d'urgence, CHU Montpellier, Montpellier, France
2. Département de Médecine d'Urgence, CHU Montpellier, Montpellier, France
3. Pharmacie, CHU Montpellier, Montpellier, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Les médecins urgentistes disposent de peu d’outils d’évaluation du risque de survenue d’évènement indésirable médicamenteux (EIM) chez leurs patients. L’objectif de notre étude est d’élaborer un score de risque de survenue d’EIM à partir d’une population de patients consultant aux urgences.

Matériel et méthodes : Dans cette étude observationnelle monocentrique prospective, tout patient se présentant aux urgences adultes la journée a bénéficié d’un bilan médicamenteux optimisé (BMO). Les EIM suivants étaient validés en réunion de concertation pluridisciplinaire regroupant un médecin, un pharmacien et la pharmacovigilance : participation iatrogène à une pathologie, effet indésirable propre au médicament, défaut d’observance et mésusage. Des variables d’intérêts cliniques ont été intégrées dans un modèle de régression logistique multivariée. Les variables significatives à 0,10 étaient retenues et un score était attribué en fonction de l’odds-ratio (OR) (1 point pour un OR entre 1 et 1,99, 2 point pour un OR entre 2 et 2,99 et ainsi de suite). Le score a été élaboré sur un échantillon de dérivation composé de 70% de la population et validé sur les 30% restants. La capacité prédictive de ce score a été analysée par une courbe ROC.

 Résultats : 8275 patients ont été inclus, dont 5794 patients formant l’échantillon de dérivation. Six variables ont été retenues comme facteurs prédictifs : âge ≥ 80 ans [OR=1,151 (IC95% 0,965 – 1,151)], sexe masculin [OR=1,207 (IC95% 1,038 – 1,207)], antécédent de démence [OR=1,225 (IC95% 0,959 – 1,225)], traitement de classe ATC B [OR=1,283 (IC95% 1,078 – 1,318)], défaut d’observance [OR=1,581 (IC95%=1,350 – 1,581)], prise d’un nombre de médicament supérieur ou égal à 4 [OR=1,318 (IC95% 1,078 – 1,527)]. Le score de risque moyen est de 1,89 (± 1,39) sur 6 points. L’aire sous la courbe ROC (ROC AUC) était de 0.65 (IC95% : 0.63 – 0.67). Le meilleur seuil de prédiction était à 2 selon la méthode de Youden, avec une sensibilité de 73%, une spécificité de 53%, une VPN à 91% et une VPP à 22%. Sur notre échantillon de validation, l’AUC était de 0.65 (IC95% : 0,62-0,68), le seuil était également de 2, la sensibilité à 76%, la spécificité à 51%, la VPP à 21% et la VPN à 91%.

Conclusion :  Notre étude propose un score dont la VPN élevée et la simplicité d’utilisation font un outil de dépistage adapté aux contraintes de l’exercice de la médecine d’urgence.

 

Tags : évènements iatrogènes médicamenteux (EIM) score iatrogénie