P070 - Comparaison des techniques d'intubation difficile par des médecins urgentistes en simulation

Julien Lafosse (1, 2), Florence Minetti (3), Lopez Loic (4), Marion Dufour-trivini (5), Jean-jacques Parienti (6), Clément Buleon (7), Eric Roupie (8)

1. Service des urgences , CHU de Caen, Caen, France
2. Service des urgences, CH de Flers, Flers, France
3. Service des urgences, CH d'Argentan, Argentan, France
4. services des urgences, CH de Flers, Flers, France
5. Anesthésie, Centre Francois Baclesse, caen, France
6. Unité de biostatistique et recherche clinique, CHU de Caen, Caen, France
7. Laboratoire NORSIMS, CHU de Caen, Caen, France
8. SAMU 14, CHU de Caen, Caen, France
Diffusion le 13/06/2018

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INTRODUCTION : L'intubation orotrachéale réalisée à la phase préhospitalière diminue la morbidité et la mortalité des patients en détresse vitale. Elle est souvent réalisée par des médecins urgentistes non anesthésistes qui ne réalisent pas d’IOT de façon fréquente. Ces intubations en situation d’urgence, responsables d’intubations difficiles (ID), sont anxiogènes et majoritairement réalisées par des médecins urgentistes, dont l’expérience est inférieure à celle des médecins anesthésistes-réanimateurs. Il en découle une fréquence d’ID estimée entre 10 et 20% en milieu préhospitalier, supérieure à celle constatée au bloc opératoir malgré des protocoles réactualisés par la conférence de consensus de 2006 sur l’algorithme d’ID. L’hypothèse principale de l’étude est que l’utilisation du long mandrin béquillé (LMB) d’emblée pour l’intubation difficile diminue le temps de sécurisation des voies aériennes et donc ses complications, par rapport au laryngoscope seul, sur mannequin.

 

METHODES : Etude prospective, monocentrique, comparative, réalisée au sein d'un laboratoire de simulation  d'un CHU. 40 médecins urgentistes étaient nécessaires pour une amélioration du délai d’intubation de 25% (risque alpha 5%, puissance 90 %), pour un test bilatéral non apparié. Chaque participant devait effectuer au total 6 séquences d’intubation d’un mannequin au sol en utilisant une lame de laryngoscope de MacIntosh standard, un LMB et un Airtraq, et pour chaque outil avec et sans collier cervical. Le critère de jugement principal était le délai entre l’insertion du matériel dans la bouche jusqu’au gonflement du ballonnet.

 

RESULTATS : Sans collier cervical, la durée moyenne d’intubation était significativement augmentée avec l’utilisation d’emblée du LMB versus laryngoscope (46 sec vs 33 sec; p=0,015). Avec un collier cervical, il n’y avait pas de différence significative. Avec un collier cervical, il y avait une diminution significative de la durée moyenne d’intubation avec l’Airtraq© par rapport au laryngoscope de MacIntosh seule (40 sec vs 59,7 ; p = 0,0098).

 

DISCUSSION : Le résultat ne va pas dans le sens d’autres études sur l’utilisation d’emblée du LMB. Mais l’Airtraq© semble permettre une amélioration du délai de sécurisation des voies aériennes chez des patients avec collier cervical. Une étude sur le terrain pourrait permettre une modification des recommandations sur l’intubation difficile en extra hospitalier.

Tags : intubation urgences urgentistes simulation