P088 - Bénéfice de la simulation médicale pour l'acquisition de connaissances et de compétences techniques et non techniques au cours de la formation initiale en médecine d'urgence : Exemple de l'intubation en séquence rapide.

Marie Thomas (1), Marjolaine Borel (2), Christophe Perrier (2), Céline Lambert (3), Jennifer Saint-denis (2), Julien Raconnat (2), Farès Moustafa (2), Jeannot Schmidt (2)

1. Urgences Adultes, CHU Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand, France
2. pôle SAMU-SMUR-Urgences, CHU de Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand, France
3. Service biostatistique, CHU Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : La formation médicale actuelle en médecine d’urgence repose principalement sur l’enseignement théorique et l’apprentissage par compagnonnage.     Les situations d’urgence vitale ont une faible incidence et la rapidité nécessaire à leur prise en charge les rendent peu propices à l’enseignement. Or des études ont prouvé qu’il existait une véritable carence dans ce domaine. La simulation médicale a fait l’objet de multiples études et pourrait permettre cet apprentissage.

L’objectif de ce travail est d’évaluer le bénéfice de la simulation médicale pour l’acquisition des connaissances et des pratiques concernant la gestion d’une intubation en séquence rapide (ISR) en structure d’urgence.

Matériel et méthodes : Nous avons réalisé une étude prospective, randomisée, contrôlée en ouvert, qui s’est déroulée d’Avril à Août 2017. L’ensemble des étudiants inscrits à l’automne 2016 en DESC de Médecine d’urgence ont été inclus.  Les participants ont ensuite été randomisés par tirage au sort en 2 groupes : un groupe simulation (a bénéficié d’une séance de simulation initiale à T1) et un groupe contrôle (a bénéficié uniquement d’un rappel théorique de connaissances à T1). A 3 mois (T2) les 2 groupes ont participé à une séance de simulation portant sur le même thème. Nous avons également réalisé des analyses multivariées afin de prendre en compte une éventuelle participation antérieure à des séances de simulation et le score à T1.

Résultats : 29 participants (14 dans le groupe simulation et 15 contrôle) ont été inclus. Les 2 groupes étaient comparables en terme de participation antérieur à des simulations, de fonction hospitalière ou de l’expérience en ISR. A T1, on ne notait pas de différence significative de la note globale entre le groupe simulation et le groupe contrôle (respectivement, 29.1±1.8 vs. 28.3±2.2). Après analyse multivariée, à T2, le groupe simulation présentait des résultats supérieurs au groupe contrôle sur le score global (respectivement, 41.0±4.7 vs 37.5±3.5, p=0.01), sur les compétences pratiques (10.5±2.1 vs 8.7±2.1, p=0.03), théoriques (30.6±2.9 vs 28.8±2.1, p=0.03), techniques (25.9±5.9 vs 18.4±5.7, p=0.002) ou non techniques (30.2±4.6 vs 24.9±5.9, p=0.002).

Conclusion : Notre étude a permis de montrer que la simulation médicale pouvait être une alternative intéressante pour l’acquisition de connaissances, de compétences techniques et non techniques dans le cadre d’une ISR auprès des étudiants en DESC MU.

Tags : simulation intubation formation