P051 - Antibiotiques dans les exacerbations de BPCO : surprescrivons nous aux urgences ?

Quentin Le Bastard (1), Elsa Parot Schinkel (2), Pierre-marie Roy (3), Wojciech Trzepizur (4)

1. Urgences adultes, CHU de Nantes, Nantes, France
2. Maison de la recherche clinique, CHU d'Angers, Angers, France
3. Département de médecine d'urgence, CHU d'Angers, Angers, France
4. Département de pneumologie, CHU d'Angers, Angers, France
Diffusion le 13/06/2018

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Contexte : L’exacerbation aigue de bronchopneumopathie chronique obstructive est un motif fréquent de consultations aux urgences. Ces évènements sont associés à un risque de décès et de détérioration de la fonction pulmonaire. La difficulté réside dans l’identification des patients présentant une surinfection bactérienne e nécessitant une antibiothérapie. Cette difficulté expose au risque de sur-prescription d’antibiothérapie. Les recommandations françaises d’introduction d’une antibiothérapie sont basées sur le statut GOLD de la maladie à l’état basal. Nous avons évalué le taux d’adhérence aux recommandations de prescription d’une antibiothérapie dans un service d’urgences adultes. Le critère de jugement principal était le taux d’adéquation entre les recommandations et la pratique clinique. Les critères de jugement secondaires étaient l’identification des paramètres associés à une sur-prescription d’antibiotiques.

Méthode : Audit rétrospectif des dossiers des patients admis aux urgences d’un centre hospitalier universitaire français pour exacerbation aigue de BPCO durant les années 2013 et 2014.

Résultats : 51% des antibiothérapies prescrites étaient conformes aux recommandations avec 43% de sur-prescription. Les facteurs de sur-prescription significatifs (p < 0.05) étaient un âge supérieur à 75 ans, l’institutionalisation, une température corporelle supérieure à 38,5°C, une hyperleucocytose et une élévation de la CRP ainsi qu’un statut GOLD inférieur à III.

Conclusion : Cet audit retrouve un niveau moyen d’adhésion aux recommandations de prescription d’antibiothérapie. Il met en évidence que les marqueurs inflammatoires, non recommandés dans l’indication d’une antibiothérapie, sont largement utilisés et facteurs de sur-prescription. Des recommandations incluant des critères de décision tenant compte de la sévérité clinique de l’exacerbation pour la prescription d’une antibiothérapie pourraient limiter le risque de surprescription.

Tags : Exacerbation aigue BPCO antibiotiques urgences