P112 - Analyse descriptive des effets indésirables médicamenteux recueillis au SAMU : une étude rétrospective de janvier à mars 2015

Laure Suignard (1), Morgane Clavier (1), Benoit Viault (1), Gwenaelle Veyrac (2), Julien Mahe (2), Antoine Andre (1), Joel Jenvrin (1), Eric Batard (3)

1. SAMU 44, CHU NANTES, NANTES, France
2. CRPV, CHU NANTES, NANTES, France
3. Service des Urgences, CHU NANTES, NANTES, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Moins de 6% des effets indésirables médicamenteux constatés sont déclarés par les généralistes et urgentistes à la pharmacovigilance en France. L’incidence annuelle des hospitalisations pour effets indésirables est de 3,60%. Le but de notre étude est de décrire et quantifier les effets indésirables recueillis au SAMU, puis d’en évaluer la validité en termes de pharmacovigilance.

Méthodes : C’est une étude observationnelle, descriptive, monocentrique, rétrospective réalisée entre le 1er janvier et le 31 mars 2015 au SAMU. Ont été inclus tous les appelants au 15 pour effet indésirable médicamenteux ou intoxication médicamenteuse. Ont été exclus ceux pour lesquels aucun effet indésirable ou aucun médicament n’ont été retrouvé. Les médicaments ont été classés en classe ATC et les effets indésirables selon le thésaurus MedDRA. Un score d’informativité selon la méthodologie du Vigigrade™ Completeness Score a été calculé pour chaque médicament consommé.

Résultats : 417 dossiers ont été codés « effet indésirable » ou « intoxication médicamenteuse » sur la période. Après exclusion, l’analyse en a concerné 291. Les effets indésirables les plus fréquemment retrouvés étaient les affections du système nerveux et gastro-intestinales. Les classes médicamenteuses les plus fréquemment consommées étaient N05B (anxiolytiques), N05C (hypnotiques et sédatifs), N06A (antidépresseurs), et N05A (antipsychotiques). La moyenne des scores d’informativité des dossiers analysés était de 50% IC 95% [49% ; 51 %], alors que celle des cas d’effets indésirables notifiés selon ses sources habituelles au CRPV sur la même période était de 88% . La différence était statistiquement significative (p < 0,01).

Discussion : Le taux d’appels au 15 pour effet indésirable médicamenteux, est probablement sous-estimé. L’exploitation des données du 15 sur les effets indésirables pourrait enrichir celles de la pharmacovigilance. La principale limite de notre étude est un biais de sélection des patients ; seuls les dossiers codés effet indésirable ou intoxication médicamenteuse ont été retenus pour leur inclusion.

 Conclusion : Au moins 0,23% des appels au SAMU sont en lien avec un effet indésirable médicamenteux, indiquant que le Centre 15 pourrait être une source importante d’information pour les centres de pharmacovigilance. L’informativité ,nécessaire au CRPV, des dossiers de régulation est médiocre et sera améliorée par le déploiement de la fiche réflexe créée pour les médecins régulateurs.

Tags : pharmacovigilance effets indésirables médicamenteux notification des effets indésirables SAMU centre 15 urgences