CP078 - Analyse de l'épidémiologie des dysnatrémies aux urgences : étude rétrospective de 18 mois portant sur 43092 patients

Marie Drogrey (1), Fabien Lemoel (1), Jacques Levraut (1)

1. Département de médecine d'urgence, CHU Pasteur 2, Nice, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Les dysnatrémies sont des troubles hydro électrolytiques fréquemment rencontrés aux urgences, et grevés d’une morbi mortalité importante.  Bien que fréquents ces troubles sont souvent négligés par les praticiens et leur distribution saisonnière est mal connue. Notre objectif est d’analyser la distribution et la variation saisonnière des dysnatrémies ainsi que la proportion d’hyponatrémies vraies.

 

Matériels et méthodes : Etude rétrospective monocentrique incluant toutes les natrémies dosées dans un service d’urgence du 01/07/2015 au 31/12/2016. Pour chaque prélèvement la saison a été répertoriée. La tonicité était calculée (Osm=2xNa + glycémie) pour toute hyponatrémie (Na < 135mmol/L). L’analyse statistique a été faite par test de chi2. Une valeur de p < 0,05 a été retenue significative.

 

Résultats : Parmi les 43 092 natrémies dosées, on constate 1505 (3,49%) hypernatrémies et 4587 (10,64%) hyponatrémies dont 361 (0,84%) hyponatrémies profondes (Na < 125mmol/L). La natrémie la plus basse enregistrée était de 101 mmol/L et la plus haute de 204mmol/L. Parmi toutes les hyponatrémies enregistrées, seules 3547 sur 4541 (78,11%) présentaient une tonicité plasmatique < 275mOsm/kg. Les 21,89% hyponatrémies restantes avaient une tonicité plasmatique normale ou élevée et étaient soit des fausses hyponatrémies (en rapport avec une hyperglycémie) soit des pseudo hyponatrémies (en rapport avec une hyperprotidémie ou une hypertryglycéridémie). Ainsi, 27,2% des hyponatrémies légères (Na = 130 à 135mmol/L), 10,33% des hyponatrémies modérées (Na = 125 à 129mmol/L) et 2,77% des hyponatrémies profondes avaient une tonicité plasmatique normale ou élevée. Il existe une prévalence saisonnière des hypernatrémies en été/automne par rapport à hiver/printemps (respectivement 4,23%/3,48% vs. 3,14%/2,39%, p < 0,001). Il n’existe pas de variation saisonnière significative pour l’hyponatrémie.

 

Discussion-Conclusion : Peu d’études se sont intéressées à l’épidémiologie des dysnatrémies aux urgences ainsi qu’à leur prévalence saisonnière.  La proportion des fausses ou pseudo hyponatrémies représente une part non négligeable des hyponatrémies et ce d’autant que l’hyponatrémie est modérée. Les hypernatrémies sont plus fréquentes en été et en automne probablement en lien avec des saisons où les températures sont plus élevées. Nous n’avons pas pu mettre en évidence de variation saisonnière des hyponatrémies. 

Tags : dysnatrémies variation saisonnière médecine d'urgence