P064 - Amélioration des pratiques dans l'administration précoce d'antiagrégant plaquettaire aux urgences adultes après un accident ischémique transitoire.

Stephanie Malateste (1), Caroline Soulie-chavignon (1), Thomas Moumneh (2), Pierre-marie Roy (3)

1. SAU SMUR, ANGERS, ANGERS, France
2. SAU SMUR, CHU ANGERS, ANGERS, France
3. SAU, CHU ANGERS, ANGERS, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : L’accident ischémique transitoire (AIT) est une urgence diagnostique et thérapeutique dont le risque est la récidive ou la transformation en AVC. L’administration d’antiagrégant plaquettaire (AAP) réduit de façon significative ce risque et est recommandée de façon précoce après tout AIT non cardio embolique. Un travail de thèse a montré que cette prescription aux urgences de notre centre hospitalier était en deçà des recommandations. Nous avons évalué l’impact d’une intervention multifacette sur les prescriptions  d’AAP aux urgences adultes au décours d’un AIT.

Matériel et méthode : Il s’agissait d’une étude d’amélioration des pratiques de type avant-après, monocentrique rétrospective pendant 6 mois au SAU correspondant à un semestre d’internat. Les patients ayant une contre-indication aux AAP, ainsi que les AIT pour qui le bilan avait retrouvé une fibrillation auriculaire de novo ont été exclus. L’intervention consistait en un rappel oral et écrit sur l’intérêt de la prescription précoce d’AAP après un AIT, et par l’envoi de mails récapitulatifs et ciblés au médecin responsable de dossier sans prescription. Le critère de jugement principal était l’augmentation du taux de prescriptions d’AAP, fixé arbitrairement à 15%. La proportion calculée d’individus nécessaires pour un risque α = 0.05 et une puissance de 85% était de 195 sujets.

Résultats : Dans le groupe pré-interventionnel, 50.4% des patients ont bénéficié de la prescription sur les 222 patients éligibles contre 66% sur les 215 patients éligibles dans le groupe post-interventionnel (p = 0,001). 34% des patients n’ont pas reçu d’AAP à la sortie du service (37% déjà sous AAP, 25% sous anticoagulant, 38% sans traitement).

Discussion : Les groupes pré et post-interventionnel ne présentaient pas de différences démographiques significatives. L’évaluation du risque hémorragique est à l’origine de disparités dans la pratique médicale. Lors d’une récidive sous traitement anti-thrombotique, un changement de classe, une augmentation de dose ou une bi-antiagrégation plaquettaire peuvent être préconisés par certains auteurs. L’administration orale reste à encourager.

Conclusion : L’intervention collective et ciblée sur l’importance de l’administration précoce du traitement AAP aux urgences a permis une amélioration significative du taux de prescription au décours d’un AIT. Si une filière ambulatoire est créée, le traitement doit être instauré dès le 1er jour et avant tout retour à domicile.

Tags : accident ischémique transitoire antiagrégant plaquettaire prévention