P236 - Accidentologie et gravité en VTT de descente en 2017

Damien Cadinot (1), Samuel Baillon (1), Raphael Briot (2)

1. SAU/SAMU, CHU La Tronche, La Tronche, France
2. SAU/SAMU, CHU La Tronche, la Tronche, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction :  

La pratique du vélo tout terrain (VTT) de descente est un enjeu économique important pour les stations de ski. On note une augmentation de 13% d’activité depuis 2009. Sa pratique en montagne et les vitesses élevées sont à l’origine de nombreux accidents. L'absence de service des pistes l'été, nécessite l’intervention des secours spécialisés au milieu de la montagne (PGHM, CRS, Pompiers, SMUR).

 

Le but de notre étude est d’analyser l’accidentologie du VTT de descente et d'évaluer sa gravité.

 

Matériel et Méthode :

Nous avons réalisé une étude retrospective épidémiologique descriptive monocentrique sur la période de juin à aout 2017. Tous les dossiers étiquetés secours montagne par le centre 15 du département ont été relus. Les dossiers liés à la pratique du VTT de descente ont été extraits et analysés. L'analyse concerne la démographie et le parcours médical des victimes, le type et la gravité des pathologies rencontrées.

 

Résultats :

Parmi 250 secours montagnes réalisés sur la période de l'étude, nous avons inclus 83 dossiers (30%) liés à la pratique du VTT de descente.

L'age médian des victimes étaient de 29 ans et le sexe ratio h/f de 4 pour 1. Soixante pour cent des secours étaient médicalisés avec dans chaque cas une extraction héliportée. Les victimes étaient dirigées dans 32,5% des cas en cabinet médical versus 67,7 % en milieu hospitalier dont 15% au déchoquage. Les victimes étaient monolésées dans 66% des cas, multilésées dans 21% des cas, et polytraumatisées dans 12,5 % des cas. Chez les patients admis initialement à l’hôpital, la durée moyenne de séjour était de 4,5 jours et le taux de chirurgie étaient de 35,7%. La gravité des accidents de VTT était liées à un score ISS > 16, représentant 34%.

 

Discussion :

Les secours liés à la pratique du VTT sont souvent complexes, nécessitant la mise en jeu de nombreux acteurs de la chaine des secours.

Certaines lésions, comme le traumatisme crânien grave étaient peu présentes grâce aux protections individuelles obligatoires dans les stations (casque intégrale). Les  lésions recensées nécessitent cependant souvent une chirurgie et le pronostic vital et/ou fonctionnel est souvent mis en jeu.

 

Conclusion :

Le VTT de descente est un sport à risque, avec une prise en charge pré hospitalière complexe et onéreuse à cause de l’accessibilité difficile des victimes, et de la gravité des pathologies rencontrées. La question de la création d’un service de secours sur pistes l'été pourrait se poser.